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Personne ne souhaite souffrir. Dans ma culture, et dans la plupart des cultures africaines, la souffrance est considérée comme un signe de malchance ou comme la preuve que l’on a commis une faute. Il est intéressant de noter que c’était exactement le même raisonnement que celui des amis de Job. Par exemple, Éliphas dit ceci à propos de la situation de Job : « Souviens-toi : qui, parmi les innocents, a jamais péri ? Ou bien, où les hommes droits ont-ils été exterminés ? » (Job 4.7-8). Son argument ? Les innocents ne souffrent pas.

Tout le monde veut vivre sa meilleure vie dès maintenant. Et la plupart se contenteraient d’une vie matériellement meilleure.

Cette conception de la souffrance explique le succès de l’évangile de la prospérité à travers l’Afrique. Car ses prédicateurs ne promettent que des bonnes choses dans la vie, affirmant que Dieu ne veut pas que nous souffrions. Qui ne voudrait pas y croire ? Qui ne souhaiterait pas que ce soit vrai ? De plus, en tant que l’un des continents les plus pauvres du monde, l’Afrique était et reste un terrain fertile pour un tel enseignement. Tout le monde veut vivre sa meilleure vie dès maintenant. La plupart se contenteraient d’une vie aisée sur le plan matériel, mais c’est particulièrement vrai pour ceux qui vivent dans des situations difficiles.

Cet enseignement induit les gens en erreur. Il les éloigne de Dieu et du véritable Évangile. Vous trouverez ci-dessous deux listes de trois points. La première expose comment l’Évangile de la prospérité sape la foi des croyants individuellement ; et la seconde examine ses effets sur l’Église dans son ensemble. C’est un défi de taille ; l’Évangile de la prospérité se propage comme une traînée de poudre. Mais nous prions pour que Dieu fasse triompher sa vérité.

Comment l’Évangile de la Prospérité Sape la Foi

1. Les Gens suivent des Hommes Plutôt que Dieu

Dieu s’est révélé à nous à travers et dans les Écritures. Si nous voulons connaître qui est Dieu, nous lisons sa Parole. C’est là le premier problème que je souhaite aborder brièvement en ce qui concerne les prédicateurs de la prospérité. Car ils citent régulièrement la Bible. Ils utilisent les mêmes écritures. Mais ils s’en servent pour prêcher leurs propres idées.

Ils utilisent les mêmes écritures. Seulement, ils s’en servent pour prêcher leurs propres idées.

Comment font-ils pour s’en tirer à si bon compte ? Dans la plupart de ces églises, l’homme ou la femme de Dieu est traité(e) avec un respect absolu. Ce qu’ils disent fait autorité. Personne n’ose s’opposer à l’oint du Seigneur. Ainsi, lorsque l’homme de Dieu prêche que Dieu veut que les fidèles soient riches, en bonne santé et prospères, cela doit forcément être vrai. Même lorsque les promesses de ces soi-disant prophètes ne se concrétisent pas.

Malheureusement, les gens se demandent rarement s’ils ont été induits en erreur par l’homme de Dieu. Au lieu de cela, ils en viennent soit à en vouloir à Dieu, soit à être déçus par leur propre foi.

2. La Foi Devient un Moyen d’Obtenir des Bénédictions Matérielles, et non Davantage de Dieu

Deuxièmement, faisant suite à ce qui précède, les fidèles des Églises prônant l’évangile de la prospérité finissent par se tourner vers Dieu pour de mauvaises raisons. Jésus a enseigné que la plus grande bénédiction dans la vie est de connaître Dieu (Jean 17.3 ; voir aussi Éphésiens 1.3-4). « Heureux ceux qui ont le cœur pur, car ils verront Dieu » (Matthieu 5.8). Cependant, les fidèles des églises prônant l’évangile de la prospérité désirent davantage les biens matériels que Dieu. Ils se tournent vers Dieu pour obtenir des choses, plutôt que pour Dieu lui-même. Ce qui motive leur foi, c’est la santé et les possessions matérielles.

Ils se tournent vers Dieu pour obtenir des choses, plutôt que pour Dieu lui-même.

Ce malentendu est aggravé par le fait que la foi est alors réduite à un moyen d’obtenir des choses de Dieu. « Si les fidèles prospèrent », pense-t-on, « alors je dois avoir une foi plus grande ». La fidélité devient alors un moyen de rechercher des bénédictions matérielles. La santé et la richesse deviennent les preuves de la foi ; leur absence, en revanche, suggère le péché et la désobéissance. C’est exactement ce que prêchaient les amis de Job. On entend ce message dans d’innombrables chaires à travers l’Afrique. Et c’est tout à fait faux.

Nous ne croyons pas pour obtenir de meilleures choses de la part de Dieu. Nous ne persévérons pas dans la foi dans l’espoir qu’il nous récompensera par une bonne santé et un compte bancaire bien rempli. C’est traiter Dieu comme une sorte de papa gâteau. Et cela réduit notre amour pour lui à une cupidité égoïste. Cela nous amène à la troisième chose.

3. La Cupidité Devient Normale et le Mécontentement est Encouragé

Pour ceux qui prêchent l’évangile de la prospérité comme pour ceux qui y croient, ce qui compte avant tout, c’est la vie ici et maintenant. Tout tourne autour du fait de vivre sa meilleure vie dès maintenant , d’avoir toujours plus et de ne pas se contenter de ce que l’on possède déjà. Il n’y a pas la moindre trace de satisfaction en Dieu seul. Il s’agit plutôt d’une quête sans fin visant à obtenir toujours plus de choses de la part de Dieu.

Tout tourne autour du fait de vivre sa meilleure vie dès maintenant , accumulé plus et de ne pas être satisfait.

Comme si cela ne suffisait pas, cela tend à banaliser la cupidité. On encourage le désir d’avoir toujours plus. En revanche, se contenter de moins ou rechercher le contentement est découragé. C’est pourquoi Kenneth Copeland a répondu, lorsqu’on lui a demandé comment pouvait-il mener un train de vie aussi luxueux et décadent : « Si vous allez dans l’ancienne alliance, pensez-vous que les Juifs estimaient qu’il fallait être fauché ? » Être pauvre est mal ; être riche est bien, apparemment. En fin de compte, le but de la vie chrétienne est l’accumulation de richesses. Malheureusement, l’argent n’a jamais sauvé personne.

En Quoi Cela Nuit à l’Église

Ce qui précède ne représente qu’une partie des effets des enseignements sur la prospérité. D’une manière générale, ceux-ci sont dangereux non seulement pour les croyants pris individuellement, mais aussi pour l’Église dans son ensemble. Je vais à nouveau en citer trois points.

1. Elle est Tentée de Prêcher un Autre Évangile

L’un des défis auxquels l’Église sera confrontée en raison de l’évangile de la prospérité est que, ses enseignements étant si attrayants pour les désirs humains, l’Église sera tentée de faire des compromis sur ses enseignements fidèles concernant le dessein de Dieu. Prêcher la Bible dans son intégralité, c’est aborder le péché, la souffrance, la sainteté et la persévérance, entre autres sujets que les prédicateurs de la prospérité ne traitent pas. La nature pécheresse veut recevoir ; elle ne veut pas donner. Et c’est précisément ce à quoi l’évangile de la prospérité fait appel.

La nature pécheresse veut recevoir ; elle ne veut pas donner.

Paul était déterminé. Il prêchait « le Christ crucifié » (1 Corinthiens 1.23). Ce n’est manifestement pas un message attrayant. La plupart préféreraient de loin entendre que se tourner vers Dieu leur permettra de voir tout leurs désirs terrestres comblés, qu’ils obtiendront tout ce qu’ils veulent. Mais Paul est clair. Le Christ crucifié est le message de l’Église. C’est ce qu’elle doit prêcher. En effet, c’est là la puissance de Dieu pour le salut (Romains 1.16-18).

2. L’Église Attire les Non-croyants en Quête de Prospérité

Deuxièmement, l’Église sera de plus en plus remplie de personnes qui ne sont pas réellement croyantes, qui ne sont pas sauvées. Car si vous prêchez un autre évangile, c’est cela qui attire les gens, et non Dieu ni sa grâce. Comme l’évangile de la prospérité prêche les désirs de la chair, il conduit les gens à croire que leur foi consiste à faire confiance à Dieu pour qu’il leur donne des biens matériels. Il n’est fait aucune mention de la colère de Dieu déversée contre le péché sur la croix.

L’Église sera de plus en plus remplie de personnes qui ne sont pas réellement croyantes.

De plus, le fait d’avoir davantage de fidèles dans son église est devenu un signe de réussite. Seulement, cela ne signifie pas pour autant qu’ils se soient convertis. Il est peu probable que les prédicateurs de l’évangile de prospérité s’en soucient réellement. Au fond, eux aussi sont motivés par les mêmes choses qu’ils promettent aux foules : les bénédictions matérielles et la réussite. Paul avait avertit Timothée que les gens se précipiteraient vers ceux qui promettent ce dont nos oreilles et nos cœurs désirent entendre (2 Timothée 4.3-4).

3. Les Gens se Méfient de l’Église

Enfin, l’évangile de prospérité endurcit également le cœur des gens et des communautés à l’égard de l’Église. Qu’est-ce que j’entends par là ? Déjà, les gens ont du mal à distinguer les bonnes Églises des mauvaises, les pasteurs fidèles des charlatans. Mais une exposition excessive à l’évangile de prospérité ne fait que confirmer ce que beaucoup pensent déjà, à savoir que tout ce qui intéresse l’Église, c’est l’argent.

L’évangile de prospérité endurcit le cœur des gens et des communautés à l’égard de l’Église.

J’ai récemment entendu ce témoignage, lors d’une conférence Sola 5. L’un de nos frères a raconté à quel point l’implantation de leur église avait été difficile, car les habitants de cette communauté avaient été exploités par d’autres qui prêchaient l’évangile de prospérité. La communauté refusait même d’écouter nos frères. Elle ne faisait plus confiance à une autre église, car la précédente avait consacré toute son énergie à escroquer les gens. C’est de plus en plus ce que les gens associent à la foi chrétienne, même si c’est tout le contraire.

Un Encouragement

L’évangile de prospérité est partout. Ses enseignements se présentent déjà sous différentes formes. D’autres suivront. Mais l’Église ne doit pas perdre de vue sa mission : faire de toutes les nations des disciples, en leur enseignant à obéir à notre Seigneur Jésus-Christ (Matthieu 28.19-20). L’Église doit être fidèle dans cette tâche, en prêchant le Christ crucifié, car c’est le seul moyen par lequel le monde peut être sauvé. Le salut ne se trouve qu’en Jésus-Christ crucifié, et l’Église doit être fidèle dans sa démarche à le faire connaître.

L’évangile de prospérité est un message dangereusement trompeur, qui fait trop appel à nos désirs.

J’espère que ce que j’ai exposé ci-dessus montre clairement à quel point l’évangile de la prospérité a un impact dévastateur tant sur les croyants individuels que sur l’Église en général. C’est un message dangereusement trompeur, qui fait trop appel à nos désirs. Mais il y aura beaucoup de gens riches en enfer. Que l’Église démeure donc fidèle dans l’enseignement et la prédication de tout le dessein de Dieu (Actes 20.27).

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