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Appel à la Réforme de l’Eglise: Par Où Commencer?

L’un des moments les plus marquants du temps que j’ai passé en stage pastoral à Kabwata Baptist Church en Zambie était le moment de la lecture de la Bible pendant les cultes du matin et du soir. Ma tâche, du moins une partie, consistait à fournir un résumé et à faire une application christologique du chapitre.

Cette lecture saine et fidèle des Écritures, suivie de la prédication, est connue dans l’histoire de l’Église sous le nom de « lectio continua ». Il s’agit d’une expression latine qui signifie « lecture continue » ou « lecture consécutive » de la Bible. C’est une pratique qui consiste à lire la Bible dans l’ordre consécutif, chapitre par chapitre, verset par verset, du début à la fin. Ainsi, on exploite progressivement l’ensemble des Écritures, chaque lecture reprenant là où la précédente s’était arrêtée.

Lectio Continua, Un Héritage Perdu

Cette méthode de lecture, profondément enracinée dans l’histoire de l’Église, s’oppose à la « lectio selecta ». Celle-ci consiste en une lecture sélective de la Bible. Suivant cette méthode, le lecteur choisit, de son plein gré, une portion particulière à lire.

Bien que l’Église primitive et les réformateurs aient pratiqué la lecture et la prédication ordonnées et consécutives des Écritures, il est évident que l’Église africaine a complètement abandonnée ces pratiques.

L’Église africaine a complètement abandonnée les pratiques de la lecture continue de la Bible et la prédication textuelle.

Si nous observons attentivement de nombreuses églises locales, nous constatons qu’il n’y a pas de prédication textuelle consécutive de la Bible ni de lecture publique consécutive des Écritures. D’ailleurs, dans beaucoup de cas, la prédication porte principalement sur des thèmes choisis chaque dimanche, ou parfois sur une série consacrée à une section particulière d’un livre de la Bible.

Il est vrai que certaines églises consacrent du temps à la lecture de la Bible, mais il ne s’agit pas nécessairement de chapitres entiers ni d’une lecture continue. Certaines ne lisent et n’utilisent que les passages qu’elles préfèrent. On peut aller encore plus loin et affirmer qu’il est indéniable, et certainement triste, que dans bien des églises, les Écritures ne sont même pas lues, encore moins exposées pendant le culte public.

Certains Responsables d’Eglises Manquent des Connaissances Elémentaires de la Bible

Après avoir travaillé pendant plusieurs années avec plusieurs pasteurs de différentes régions d’Afrique de l’Est, il est devenu évident pour moi que beaucoup de responsables d’Église manquent de connaissances élémentaires de la Bible. Cela a des conséquences sur la manière dont l’Église écoute, lit et comprend la Parole de Dieu. Par exemple, dans de nombreuses églises aujourd’hui, une grande partie du culte est consacré aux chants et aux danses, alors que très peu de temps est réservé à l’écoute de la Parole de Dieu. Après avoir consacré du temps à toutes les autres activités, sauf à la lecture et à la prédication de la Parole de Dieu, on demande au prédicateur de se dépêcher faute de temps.

De nombreux responsables d’églises n’ont même jamais lu la Bible entièrement, ne serait-ce qu’une seule fois dans leur vie.

De nombreux responsables d’églises n’ont même jamais lu la Bible entièrement, ne serait-ce qu’une seule fois dans leur vie. À la lumière de ce constat, il est clair que les responsables d’églises contribuent, dans une grande mesure, aux mauvaises habitudes d’étude biblique de leurs membres. Les membres de l’Église ne peuvent généralement pas grandir spirituellement au-delà de ce qui est enseigné et pratiqué depuis la chaire. Prêcher et lire la Parole de Dieu de manière consécutive est un moyen sûr d’aider sa congrégation à grandir  dans la connaissance de la parole de Dieu, par la grâce de Dieu.

Les Leçons de l’Histoire

Lorsque nous nous tournons vers l’histoire de l’Église, nous constatons que l’un des héritages des réformateurs fut l’importance accordée à la prédication et à la lecture systématiques des Écritures en public. Ils veillaient à prêcher et à lire l’ensemble de la Bible, de la Genèse à l’Apocalypse.

Cette caractéristique d’une véritable Église s’est manifestée dans le ministère d’hommes tels que Jean Chrysostome et Saint Augustin. Elle a également joué un rôle important, ayant inspiré Huldrych Zwingli, qui, en 1519, a conduit son assemblée à revenir à une prédication textuelle consécutive de l’Évangile selon Matthieu.

La lecture consécuitive et la prédication textuelle permettent à toute l’assemblée d’entendre la totalité de la Bible lue et prêchée.

D’autres réformateurs, tels que Martin Bucer, Wolfgang Capito et même Jean Calvin, ont également adopté cette méthode dans leur ministère de prédication. Cette pratique fut ensuite transmise aux puritains et, s’est poursuivie jusqu’à l’époque moderne dans les ministères d’hommes dévoués comme D. Martyn Lloyd-Jones et bien d’autres prédicateurs.

Cette approche de la prédication et de la lecture consécutive des Écritures dans le cadre du culte public constitue un véritable voyage spirituel. Avec le temps, elle permet à toute l’assemblée d’entendre la totalité de la Bible lue et prêchée. Elle encourage également chaque croyant à adopter une méthode systématique d’étude des Écritures dans ses dévotions personnelles à la maison.

Seule la Bible Promeut une Eglise Saine

Le Directoire pour le culte public de Dieu de 1645 produit par l’Assemblée de Westminster affirme : « Il est nécessaire que tous les livres canoniques soient lus dans leur ordre, afin que le peuple soit mieux familiarisé avec l’ensemble des Écritures ; et normalement, lorsque la lecture de l’un ou l’autre Testament se termine un jour du Seigneur, elle doit reprendre le dimanche suivant. » Adopter une approche consécutive de la prédication et de la lecture permet au pasteur et à son assemblée d’avoir une direction claire.

Les membres peuvent lire à l’avance les passages qui seront étudiés et ainsi se préparer pour le jour du Seigneur. Cela donne également au pasteur l’assurance nécessaire pour aborder chaque texte, y compris les passages difficiles qu’il n’aurait peut-être pas choisis de lui-même

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