Nombreux sont ceux qui sont perplexes quant au fait que certaines Bibles comptent 66 livres tandis que d’autres en comptent jusqu’à 73. Si c’est la même parole de Dieu, pourquoi certaines traditions ont plus de livres que d’autres ? Pourquoi certaines traditions rejettent-elles certains livres que d’autres considèrent comme faisant partie de la révélation de Dieu ? Ceux qui ont une Bible contenant moins de livres ne courent-ils pas le risque d’être privés de certaines choses utiles que Dieu aurait dites dans les livres qu’ils n’ont pas ? D’ailleurs, qu’en est-il devenu ce verset qui dit qu’il ne faut ni ajouter ni retrancher à la parole de Dieu (Révélation 22.19)? Ne sommes-nous pas, dans cette situation précise, coupables d’avoir violé cette instruction ? Comment sait-on, au bout du compte, qui est dans le vrai ? Et si tout ceci n’était qu’une énorme escroquerie conçue pour nous maintenir dans le conditionnement ?
Les chrétiens ne peuvent plus se contenter d’un sermon par semaine. Ils doivent être dans la parole de Dieu, chaque jour !
Ce ne sont pas seulement des questions troublantes. Elles sont légitimes. Les chrétiens ne devraient pas avoir peur non seulement de les poser, mais de chercher les réponses. Parce que si la Bible est la vérité, elle devrait pouvoir tenir, quelle que soit l’épreuve. Dans cet article, je ne veux malheureusement pas répondre à toutes ces questions. Je veux plutôt suggérer une des manières d’approcher la question principale, qui est celle de savoir quelle Bible est vraiment la parole de Dieu.
La Nécessité de Connaître ce que Vous Croyez et Pourquoi vous le Croyez
Cependant, je vais commencer par faire un détour, qui, je pense, est nécessaire. À l’ère de la démocratisation de l’information et du savoir, les chrétiens ne devraient plus se contenter de croire sans faire l’effort de comprendre pourquoi ils croient ce qu’ils croient. Grand n’en a jamais été le besoin. Je vois chaque jour des personnes impressionnables se heurter à une montagne de doutes, d’autres emportées à tout vent de doctrine, par la tromperie des hommes, par leur ruse dans les moyens de séduction (Éphésiens 4 :14).
La Bible nous a déjà avertis à maintes reprises du danger des faux enseignants et des séducteurs (1 Tim 1.3, 4.1-2). Les réseaux sociaux servent desormais de plateformes parfaites de propagation de toutes sortes de faussetés. Nous devons croître non seulement dans notre connaissance de la vérité mais aussi notre discernement. Les chrétiens ne peuvent plus se contenter d’un sermon par semaine. Ils doivent être dans la parole de Dieu, chaque jour !
39 ou 46 Comment Trancher ?
Pour revenir à notre discussion. Je dois admettre que l’attitude de beaucoup de chrétiens, qui prétendent qu’ils sont les premiers convertis ou les seuls qui connaissent le vrai Dieu ou encore les seuls à avoir une interprétation correcte des saintes écritures, est en effet déplorable. Le mépris qu’ont de nombreuses personnes à l’égard de l’histoire de l’église crée beaucoup de problèmes, pourtant évitables. L’un de ces problèmes c’est précisément comment nous en sommes arrivés à avoir nos Bibles.
En ce qui nous concerne pour cet article précis, au cœur de la controverse n’est pas le Nouveau Testament, car de deux côtés du débat, il y a l’unanimité sur les 27 livres qui le constituent. Le problème réside plutôt dans l’Ancien Testament. C’est là que certains ont 39 livres alors que d’autres en possèdent 46.
Sans nécessairement me lancer dans un discours historique sur le canon de l’écriture, j’aimerais vous suggérer de vous demander laquelle de nos Bibles est la plus conforme à la Bible juive. Celle que Jésus et les Apôtres ont utilisée. Car non seulement elle aurait le mérite d’être la plus ancienne mais d’être celle que Jésus, celui que nous suivons, aurait utilisé et même ses premiers disciples. Autrement dit, quelle est la Bible que Jésus approuverait ?
Le mépris qu’ont de nombreuses personnes à l’égard de l’histoire de l’église crée beaucoup de problèmes, pourtant évitables.
Approchée sous cet angle, la controverse devient facile à trancher. Si l’Ancien Testament reconnu par les Juifs possède 46 livres, ceux qui en admettent 39 ne sont pas seulement arrogants et prétentieux. Ils sont dans l’erreur. L’inverse est tout aussi vrai. Car le judaïsme est, pour ainsi dire, la mère du christianisme. Le Nouveau Testament dit, d’ailleurs, du Judaïsme que c’est des Juifs que vient le salut (Jean 4.22) et, par ailleurs, que les oracles de Dieu leur ont été confiés (Romains 3.2). C’est à eux, Paul insiste, qu’appartiennent l’adoption, et la gloire, les alliances, et la loi, et le culte, et les promesses, et les patriarches, et de qui est issu, selon la chair, le Christ (Romains 9.4-5).
Quel est Donc le Verdict ?
L’examen de l’Ancien Testament reconnu par les Juifs montre que bien que les livres aient une organisation différente de celle que nous avons, il contient néanmoins 39 livres, tout à fait identiques aux livres retrouvés dans les Bibles de 66 livres. Cette reconnaissance n’est peut-être nulle part ailleurs mise en avant comme dans Luc 24 :44 quand le Seigneur Jésus dit « qu’il fallait que s’accomplisse tout ce qui est écrit de moi dans la loi de Moïse, dans les prophètes, et dans les Psaumes ». La Loi, les Prophètes et les Psaumes font référence à l’ensemble de l’Ancien Testament, qui, comme on peut le suspecter, ne contient pas les livres dits Apocryphes (ces livres supplémentaires qui ne se trouvent pas dans les Bibles de 66 livres).
Mais Comment en est-on Arrivé là ?
Peut-être que ce sont les pères de l’Église eux-mêmes qui sont à l’origine du flou, car non seulement ils faisaient usage des livres dits apocryphes, parfois même pendant le culte ; mais ils avaient également (du moins certains) deux manières de définir le mot canon. Ils parlaient du canon de la foi au sens restreint pour désigner les livres qui font autorité pour les questions de foi et de doctrine, et du canon de l’église avec un sens beaucoup plus large pour inclure aussi les livres qui pourront être bénéfiques aux chrétiens soit pour leur sagesse, soit pour les informations historiques sans pour autant les considérer comme inspirés ou infaillibles ou possédant l’autorité à l’égard des articles de foi.
Dans le prologue à son Vulgate, Jérôme prend soin d’expliquer dans quelle condition il accepte d’inclure les apocryphes dans sa traduction
À ce propos d’ailleurs, il est intéressant de noter que dans le prologue à son Vulgate, Jérôme prend soin d’expliquer dans quelle condition il accepte de les inclure dans sa traduction. Cependant, c’est peut-être au concile de Trente (1545-1563) et en réaction à la réforme protestante que ces livres ont été inclus formellement pour non seulement s’inscrire en contradistinction à la Réformation mais aussi pour servir de justification à certaines doctrines, qui semble-t-il, ne se trouvent pas dans le reste du canon de la foi.
Par example, la notion de purgatoire et de la prière pour les morts (2 Maccabées 12:45) ou celle d’intercession des Saints (2 Maccabées 15:12-16). Certes, on pourrait objecter que ces doctrines ne reposent pas seulement sur les versets cités. Peut être. Mais à même temps, ces versets, par leur clarté, ajoute du poids à ces pratiques peut être plus que n’importe quel autre qu’on pourra citer.
Que Faut-il Penser de ces Autres Livres Alors ?
Il existe des traditions qui insistent pour qu’on traite ces autres livres au même titre. Elles soulignent d’ailleurs que puisque certains auteurs du Nouveau Testament font usage de certains de ces livres, ils sont autoritaires dans l’église. Le raisonnement est tout simplement fallacieux. À plusieurs occasions, Paul cite des auteurs païens (Actes 17.28, 1 Corinthiens 15.33, Tite 1.12) et pourtant, ce n’est pas pour autant que leurs écrits soient considérés comme autoritaires dans l’église.
L’Eglise a toujours reconnu l’existence de ces livres et elle a même par moments encouragé ses fidèles à en faire usage. Elle ne les a pourtant jamais considérés, jusqu’à très récemment (d’un point de vue de l’histoire), comme faisant partie de la parole inspirée de Dieu et donc faisant autorité pour les articles de foi et de conduite. D’ailleurs, traditionnellement, l’Eglise a toujours imprimé ces livres dans une police différente pour souligner leur caractère non inspiré.
La Loi, les Prophètes et les Psaumes font référence à l’ensemble de l’Ancien Testament qui ne contient pas les livres dits Apocryphes
Il n’est pas interdit aux chrétiens de lire ces livres. Tout comme il ne leur serait pas interdit de lire le Coran ou tout autre livre considéré comme sacré à cet effet. Cependant, il est clair qu’il n’y aurait dans ces écrits la lumière qui conduirait à la connaissance du vrai Dieu révélé par et en Jésus-Christ au travers de la Bible de 66 livres.
Les chrétiens n’ont donc pas des raisons d’avoir peur. Comme quoi ils n’auraient pas la Bible qu’il leur faut pour connaître et faire la volonté de Dieu. Nous pouvons être confiant que la Bible de 66 livres nous dit tout. Ce dont nous avons besoin de savoir pour notre salut et félicité éternel.