L’ère de l’intelligence artificielle (IA) est arrivée. Êtes-vous un anthousiaste (« l’IA est la meilleure chose qui me soit jamais arrivée ») ou un critique (« oh non, l’IA va prendre le contrôle du monde »)?
L’ère de l’IA est bel et bien arrivée.
Que vous vous considériez ou non comme un passionné d’IA, il y a fort à parier que vous l’utilisez presque quotidiennement. Des recherches sur Google aux interactions avec des modèles de langage complexes comme ChatGPT, en passant par la réception de playlists personnalisées sur Spotify ou YouTube et le filtrage automatique des e-mails d’hameçonnage dans votre dossier de courriers indésirables, toutes ces activités sont des applications de l’IA.
Même les applications de covoiturage telles Uber et Bolt utilisent l’apprentissage automatique pour la tarification dynamique, la prédiction d’itinéraires et la mise en relation des conducteurs et des passagers.
Et si vous êtes au Kenya, comme moi, vous êtes probablement familier avec M-PESA ; un service d’argent mobile qui utilise l’apprentissage automatique pour l’évaluation de crédit et les services de micro-prêts à travers des plateformes comme M-Shwari et Fuliza, ainsi que pour améliorer le support client.
Alors c’est clair, l’ère de l’intelligence artificielle est bel et bien arrivée.
L’intelligence artificielle n’est pas une technologie unique, mais plutôt un terme générique pour un ensemble de technologies vaguement liées. Ce qui les unit, c’est leur capacité à apprendre à partir des données. Que vous développiez de l’IA, formiez les données qui l’alimentent, déployiez des systèmes d’IA ou simplement les utilisiez, votre devoir chrétien est de passer au-delà du battage médiatique et de réfléchir à la manière de vivre selon l’appel de Dieu, à l’ère de l’IA.
Voici six réflexions pour aborder l’IA avec une perspective biblique.
1. La Gloire de Dieu
« Que vous mangiez ou que vous buviez, ou quoi que vous fassiez, faites tout pour la gloire de Dieu » (1 Corinthiens 10.31). Lorsque Dieu, par l’intermédiaire de Paul, nous a donné pour instruction de tout faire pour sa gloire, jusqu’au plus petit acte de manger ou de boire, il devait probablement penser aussi à l’IA. Et pourquoi pas? N’est-il pas le Dieu omniscient, connaissant la fin dès le commencement (Ésaïe 46.10)? Alors, à quoi ressemble exactement le fait de glorifier Dieu à l’ère de l’IA?
Évitez le double piège consistant à faire de l’IA une idole ou à la diaboliser.
Un bon point de départ est de se rappeler le premier commandement : « Tu n’auras pas d’autres dieux devant moi » (Exode 20:3). Une fois que nous reconnaissons que Dieu, tel qu’il s’est décrit dans la Bible, doit être adoré, nous réfléchirons à deux fois avant d’adorer l’IA. Après tout, les gens se sont inclinés devant des choses bien plus bizarres, comme un veau d’or.
De l’autre côté, nous réfléchirons également à deux fois avant de qualifier un bon cadeau de mal. Ne vous trompez pas, l’IA est un bon cadeau de Dieu (Jacques 1.17). C’est une grâce commune, comme toutes les autres technologies. Je suggère qu’une façon de glorifier Dieu à l’ère de l’IA est d’éviter les deux pièges consistant soit à en faire une idole d’un côté, soit à la diaboliser de l’autre.
2. Imago Dei
« Dieu créa l’homme à son image, à l’image de Dieu il le créa ; homme et femme il les créa » (Genèse 1.27). L’être humain est la seule créature faite à l’image de Dieu.
L’ être humain est la prunelle des yeux de notre Créateur.
Maintenant, je suis un passionné de l’IA. Non seulement parce que je travaille dans une entreprise d’IA, mais aussi parce que la technologie a un pouvoir immense de démocratiser le savoir. Je peux maintenant apprendre la chimie analytique grâce à mon chatbot préféré. Jamais auparavant dans l’histoire cela n’avait été possible. Même l’ère d’Internet pâlit en comparaison.
Cependant, ne vous trompez pas. L’IA n’est pas faite à l’image de Dieu. Même si nous devions un jour atteindre l’ère de l’Intelligence Artificielle Générale, ou de la soi-disant Superintelligence Artificielle, la technologie ne renversera jamais l’humanité en tant que la prunelle des yeux de notre Créateur.
3. La Chute
Lorsque Adam et Ève ont tendu la main vers ce fruit defendu, ils ont entraîné le reste de l’humanité dans la condanation. Dieu a maudit tous nos efforts. « Par le travail de tes mains tu mangeras ton pain, jusqu’à ce que tu retournes à la terre, d’où tu as été pris; car tu es poussière, et tu retourneras à la poussière » (Genèse 3.19). Cela signifie qu’il y a une certaine futilité dans tous nos travaux sous le soleil, comme l’observe si bien l’auteur du livre de l’Ecclésiaste.
Les outils que nous développons refléteront une humanité déchue et mauvaise.
Cela signifie également que les outils que nous développons refléteront une humanité déchue et mauvaise.
L’IA n’est pas intrinsèquement mauvaise. Mais nous sommes. C’est nous qui l’utilisons pour notre damnation et celle de nos prochains. Je suggère que beaucoup de discours sur l’éthique et la sécurité de l’IA devraient commencer ici, en nous regardant dans le miroir de la parole de Dieu et en acceptant humblement que l’IA reflète notre nature déchue.
4. Grâce Commune
« Il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et il fait tomber la pluie sur les justes et sur les injustes » (Matthieu 5.45). Une façon utile de comprendre la grâce est de la mettre côte à côte avec la miséricorde. La grâce consiste à recevoir ce que l’on ne mérite pas; la miséricorde, à ne pas recevoir ce que l’on mérite. L’IA est une grâce commune. Elle est donnée à toute l’humanité, croyants et non-croyants, une bonté imméritée.
Dieu donne librement l’IA aux justes et aux injustes pour leur plaisir.
Il existe tant de façons dont Dieu a veillé à ce que l’IA devienne le phénomène qu’elle est aujourd’hui. De John McCarthy (père de l’IA) à Demis Hassabis (fondateur de Google DeepMind), en passant par Sam Altman (PDG d’OpenAI), Jensen Huang (PDG de Nvidia), et tous les autres ingénieurs en IA, ils accomplissent tous la volonté de Dieu.
Qu’ils en aient conscience ou non. Dieu demeure souverain.
Abraham Kuyper, ancien Premier ministre des Pays-Bas, a dit un jour: « Il n’y a pas un seul centimètre carré dans tout le domaine de notre existence humaine sur lequel le Christ, qui est souverain sur tout, ne crie pas : ‘À moi.’» Que dit Dieu à propos de l’IA? Il la déclare « à moi ». Et ensuite, il donne librement l’IA à la fois aux justes et aux injustes pour leur plaisir.
5. Grâce Spéciale et Salvatrice
Pourtant, nous voyons dans les Écritures que Dieu a appelé certains du monde déchu, leur a donné de nouveaux cœurs de chair à la place de leurs anciens cœurs de pierre, et leur a demandé de vivre en lui, par lui et pour lui. En effet, ces « appelés » ne vivent plus pour eux-mêmes mais pour leur Sauveur. Ils sont des étrangers dans ce monde. Pourtant, ils travaillent toujours de 8 heures à 17 heures comme le reste de l’humanité, et ils utilisent encore l’intelligence artificielle, tout comme le voisin d’à côté. Comment donc ces « appelés » doivent-ils vivre à l’ère de l’intelligence artificielle, à la lumière de cette grâce spéciale ?
Comment devons-nous vivre à l’ère de l’intelligence artificielle, à la lumière de la grâce spéciale de Dieu?
Un bon point de départ est de se rappeler que lorsqu’un croyant vient à la foi, il est justifié par la vie et la mort d’un autre, de Christ. Il reçoit ainsi la sainteté positionnelle. Ensuite, Dieu l’appelle à croître dans la ressemblance de Christ, progressant continuellement dans la sainteté. Enfin, il lui est promis la glorification en ce dernier jour, quand il atteindra la sainteté parfaite. Ainsi, Dieu commande à son peuple d’être saint, comme il est saint (1 Pierre 1.16). Comment, alors, un chrétien peut-il appliquer la sainteté à l’IA? En se souvenant que, que vous mangiez, buviez, développiez l’IA, la consommiez, l’entraîniez, l’annotiez, écriviez à son sujet (comme je le fais), ou la gouverniez, vous devez tout faire pour la gloire de Dieu et dans le but de devenir plus semblable à Christ.
6. Le Christ Reviendra
Le chrétien n’a pas besoin d’une IA prédictive pour entrevoir l’avenir. Dieu a déjà révélé la fin dans les Écritures. Ainsi les chrétiens vivent dans l’espérance d’entendre ces paroles bénies lorsque Jésus reviendra : « Bienheureux et fidèle serviteur… entre dans la joie de ton maître » (Matthieu 25.21).
Le chrétien n’a pas besoin d’une IA prédictive pour entrevoir l’avenir.
Jusqu’à ce jour, nous considérons l’IA comme un outil qui nous a été confié par notre Créateur. Nous la recevons avec joie et gratitude, tout en refusant de l’utiliser pour l’auto-glorification ou pour causer du tort. C’est un moyen d’aimer et de servir les autres. Enfin, nous ne devons pas oublier que lorsque le Christ reviendra, c’est l’humanité (et non l’IA) qui se tiendra devant le tribunal de Dieu.
