Dieu est simple, mais pas simpliste. Dire que Dieu est simple ne signifie pas qu’il est facile à compréhensible, ordinaire ou dépourvu de complexité. Cela signifie simplement que Dieu n’est pas composé de parties ou d’éléments, comme le sont les créatures, car Dieu n’est pas créé.
La simplicité est l’un des attributs incommunicables de Dieu. Ci-dessous, je retracerai brièvement la doctrine de la simplicité de Dieu depuis l’Église primitive, puis j’en soulignerai l’importance pour les chrétiens.
Le Témoignage de l’Eglise Primitive
L’Église primitive insistait pour que nous concevions Dieu comme simple. Dans ses Lettres et œuvres choisies, saint Basile écrit que « Dieu est universellement reconnu comme étant simple et non composé. »
De même, saint Grégoire de Nysse, dans sa septième homélie sur les Béatitudes, fait écho à la même idée en affirmant que « l’on croit que le divin n’est pas composé, mais simple et sans contrefaçon. » Augustin, Denys l’Aréopagite, Jean Damas, Anselme de Cantorbéry, Jean Calvin et bien d’autres ont également affirmé la simplicité de Dieu.
La simplicité distingue Dieu des créatures. Ainsi, ailleurs, saint Grégoire enseigne que la simplicité n’est vraie que pour Dieu et non pour nous, car « la nature humaine n’est pas simple ». Les créatures sont des compositions complexes. Vous et moi avons des bras, des jambes, un nez et des ongles. Et les choses que nous fabriquons nous ressemblent à cet égard. Nous construisons des maisons avec des briques, du mortier, du bois et du fer, et nos voitures ont des pneus, des sièges et des moteurs. Même les païens fabriquent leurs idoles à partir de différentes pièces, c’est pourquoi les prophètes s’en moquent (Ésaïe 40.17-20 ; 46.1-2).
La simplicité divine nous empêche de façonner Dieu à notre image.
Lorsque l’Église affirme la simplicité de Dieu, elle veut dire qu’il n’est pas comme nous ou comme nos jouets. La simplicité divine nous interdit d’attribuer des caractéristiques propres aux créatures à la nature même de Dieu et nous empêche de façonner Dieu à notre image.
Trois Implications de la Simplicité de Dieu
L’une des conséquences de la simplicité divine est que, n’étant pas composé de parties, Dieu ne change pas moralement ni pour le meilleur ni pour le pire. Dieu est sa nature, et en lui « il n’y a ni variation ni ombre de changement » (Jacques 1.17). Et puisque Dieu ne change pas moralement, il est fiable. Toutes ses promesses sont dignes de confiance.
De plus, Dieu est immortel et ne meurt pas, car seules les créatures composées se détériorent. Les créatures changent parce qu’elles sont composées de parties. Nous grandissons et vieillissons, et les cellules de notre corps se multiplient ou meurent. Nous changeons les pneus et les sièges des voitures, et remplaçons les toits qui fuient. En résumé, tout ce qui est composé de parties peut être démonté, mourir et se décomposer. Mais Dieu n’est pas ainsi. Il vit éternellement. Vous pouvez donc lui confier votre avenir, car lui seul peut le garantir.
La simplicité divine nous empêche d’opposer les attributs de Dieu les uns aux autres.
Enfin, la simplicité divine nous empêche d’opposer les attributs de Dieu les uns aux autres. Dieu est ses attributs. Il ne « préfère » pas un attribut au détriment d’un autre, car le faire reviendrait à considérer les attributs de Dieu comme des pièces mobiles d’un puzzle. Par exemple, l’amour de Dieu n’est pas contraire à sa justice : son amour est juste et sa justice est aimante. Il est donc erroné de penser que le Dieu de l’Ancien Testament était « colérique », tandis que celui du Nouveau Testament est « aimant ». Dieu est toujours le même, car il est simple et ne change pas.