Les idées fausses abondent en matière de soumission. Cela a engendré de nombreuses associations négatives, notamment dans le mariage.
Au Zimbabwe, la soumission est générallement perçue comme l’obéissance passive d’une femme envers son mari. La femme y est souvent dépeinte comme partenaire servile et inférieure, contrainte d’obéir au moindre ordre de son mari. Cette mauvaise compréhension perpétue souvent des stéréotypes de genre néfastes, laissant entendre que la soumission signifie renoncer à sa dignité, ou à sa valeur. À tout cela, je réponds « non ! » Une femme n’est pas tenue d’obéir à tous les ordres de son mari, surtout lorsque ceux-ci contredisent les Écritures. Dans certains cas, cette conception erronée de la soumission peut engendrer à des relations oppressives, où l’épouse est traitée comme une simple servante plutôt que comme une partenaire. Une telle compréhension est loin de la perspective biblique.
Une femme n’est pas tenue d’obéir à tous les ordres de son mari.
Cet article explore les aspects glorieux (et bibliques) de la soumission, présentés dans Éphésiens 5.21-6.9, en soulignant sa véritable signification et en dissipant les idées fausses qui l’entourent. Trois questions nous guiderons :
1. Qu’est-ce que la soumission ?
2. À qui devons-nous nous soumettre ?
3. Pourquoi devons-nous nous soumettre ?
1. Qu’est-ce Que la Soumission ?
Dans Éphésiens 5.21, Paul exhorte les croyants à « se soumettre les uns aux autres dans la crainte de Christ. » Le mot grec traduit par « soumission » est ὑποτάσσω. Il apparaît 40 fois dans le Nouveau Testament, dont 23 fois dans les seuls écrits de Paul (par exemple, Colossiens 3.18-19 ; 1 Corinthiens 16.15-16 ; Tite 2.4-5). Ce mot véhicule invariablement l’idée de se soumettre à l’autorité et à la règle d’autrui, en reconnaissant son leadership et ses conseils. Cela implique bien sûr l’obéissance, mais aussi l’humilité et le respect mutuel.
Paul enseigne que la soumission est un aspect nécessaire de la vie chrétienne.
La lutte menée par les sociétés civiles pour l’égalité des droits a conduit certains à affirmer que le genre ne devrait pas déterminer les responsabilités, les privilèges ou l’autorité d’une personne. De plus, de nombreux chrétiens s’appuient sur Galates 3.28, affirmant que Dieu ne fait pas de distinction entre les hommes et les femmes. Certes, tous les croyants sont égaux devant Dieu, en Christ (Galates 3.27). Pourtant, Paul enseigne que la soumission est un aspect essentiel de la vie chrétienne. Par exemple, nous sommes tous appelés à nous soumettre à Christ ; les enfants à leurs parents ; les citoyens à l’Etat ; et les membres de l’église à leurs anciens.
Les Trois Dimensions de la Soumission Chrétienne
La soumission est donc un acte volontaire qui prend différentes formes selon les contextes. La soumission d’un enfant à un parent diffère de celle d’une femme envers son mari. Ce sont tous deux des adultes. Mais dans le deux cas, la soumission s’exerce dans la reconnaissance de l’autorité établie par Dieu pour notre bien-être. Dans une tentative de bien la définir, je pense que la soumission chrétienne comporte trois dimensions essentielles.
(a) Volontaire
Premièrement, il s’agit d’un choix volontaire et délibéré, rendu possible par le Saint-Esprit. Autrement dit, ce n’est pas une obligation contraignante (Éphésiens 5.18-21 ; Romains 13.1-7). De ce fait, elle se distingue nettement de la soumission profane, qui peut être forcée ou obligatoire.
(b) Sincère
Deuxièmement, la soumission chrétienne est sincère, motivée par la révérence envers Christ plutôt que par la peur, les circonstances extérieures ou des arrière-pensées (Éphésiens 6.7-12). Cela signifie se soumettre sans hypocrisie ni prétention, mais en toute sincérité. La soumission sincère est une caractéristique essentielle de la vie chrétienne, applicable à tous les croyants en toutes circonstances.
(c) Dans la foi
Si la soumission chrétienne est à la fois délibérée et sincère, elle dépend également de la providence divine (Colossiens 3.25 ; Actes 5.29). Cela signifie que notre soumission est guidée par notre foi et notre responsabilité envers Dieu, reconnaissant son ordonnance divine et son évaluation de nos actions.
2. À qui Devons-nous Nous Soumettre ?
Devons-nous nous soumettre aux gens du dehors, aux dirigeants païens, aux maris abusifs ou aux femmes rebelles ? Paul répond à notre question en affirmant que nous devons nous soumettre les uns aux autres au sein de l’Église (Éphésiens 5.21). Cependant, il ne nous laisse pas dans l’incertitude quant à qui il entend par « les uns les autres. » Il donne trois exemples précis dans Éphésiens 5.22-6.9, illustrant comment la soumission s’applique à diverses relations au sein du foyer : mari et femme ; parents et enfants ; maîtres et esclaves.
Comme je l’ai déjà souligné, la soumission n’est donc pas une obéissance aveugle à des maris abusifs ou aux autorités corrompues. Il s’agit plutôt de se soumettre aux autorités désignées par Dieu dans l’Église et le foyer. Même notre soumission ne concerne pas, en fin de compte, ces autorités, mais vise à honorer Dieu à travers nos relations chrétiennes. C’est Dieu qui a institué des autorités dans chaque structure sociale, que ce soit au foyer, à l’église, au travail, à l’école ou à l’université. Ceci nous amène à une dernière question.
3. Pourquoi Devons-nous Nous Soumettre?
Paul ne nous laisse pas dans l’obscurité. D’ailleurs, j’ai déjà fait allusion à sa raison de se soumettre. Il est intéressant de noter qu’il ne s’agit pas de maintenir la paix et l’ordre, ni d’obtenir une quelconque reconnaissance. Il dit simplement : « Soumettez-vous les uns aux autres par respect pour Christ. » Ainsi, la soumission n’est pas fondée sur la valeur humaine, car nous sommes tous égaux devant Dieu (Galates 3.27-28). Il ne s’agit pas de dire que les hommes ont plus de valeur que les femmes, que les parents sont plus utiles que les enfants, ou que les maîtres sont plus instruits que les esclaves. Nous nous soumettons parce que nous craignons Christ. Nous nous soumettons par reconnaissance de son autorité.
Nous nous soumettons parce que nous craignons Christ.
La Bible répète la notion de la crainte du Seigneur 150 fois, soulignant le désir de Dieu de mettre toutes choses sous son autorité, unissant toutes choses sous les pieds du Christ. Même le Christ s’est soumis au Père, donnant sa vie pour nous. Réfléchissez à ceux à qui Dieu vous appelle à vous soumettre : vos parents, votre mari, les anciens de l’Église, votre supérieur hiérarchique ou, en fin de compte, le Christ. En vous soumettant volontairement, de tout votre cœur et avec discernement, vous en viendrez à comprendre ce que signifie avoir de la révérence pour Christ.
Il N’y a pas de Honte à se Soumettre
En résumé, nous avons constaté que la soumission chrétienne est souvent mal comprise. Elle est entourée de connotations négatives et de stéréotypes. Cependant, la perspective biblique sur la soumission est nettement différente. C’est un aspect magnifique de la vie chrétienne qui favorise l’humilité, l’obéissance et le respect mutuel dans nos relations. Inspirée par le Saint-Esprit et motivée par la révérence pour Christ, la soumission est une réponse volontaire, sincère et conditionnée à l’autorité de Dieu. Nous nous soumettons aux autorités désignées dans l’Église et au foyer, reconnaissant la souveraineté et la providence de Dieu.
La soumission est une réponse volontaire, sincère et conditionnée à l’autorité de Dieu.
Cette soumission n’est pas une question d’obéissance aveugle ni de renoncement à la dignité. Elle vise, par contre, à honorer Dieu dans nos relations. En comprenant la soumission sous cet angle, nous pouvons dissiper les idées fausses et en saisir le sens véritable, reflétant la soumission du Christ au Père et menant une vie qui honore Dieu.