Dans son livre, “Does God Promise Me Health, Wealth and Happiness?” (Dieu me promet-il la santé, la richesse et le bonheur ?), Femi Adeleye propose une correction biblique indispensable à l’une des distorsions les plus répandues du message chrétien en Afrique aujourd’hui : l’évangile de la prospérité. Avec une sensibilité pastorale et une clarté théologique, Adeleye aborde les principales promesses mises en avant par ce mouvement populaire de la santé et de la richesse, en les mesurant aux véritables promesses de Dieu telles qu’elles sont révélées dans les Écritures.
Adeleye mesure les promesses de l’évangile de la prospérité à celles de Dieu.
L’évangile de la prospérité enseigne que Dieu garantit, voire promet, la richesse matérielle, la santé physique et un bonheur sans interruption à tous ceux qui ont suffisamment de foi. Dans un continent marqué par la pauvreté, la maladie et les difficultés, un tel enseignement offre une espérance séduisante mais finalement trompeuse.
Adeleye, Nigérian et directeur Afrique de Langham Preaching, note que le message de la prospérité est devenu « largement répandu, Parfois, les gens l’enseignent ou l’entendent sans réaliser qu’il y a quoi que ce soit de mal » (p.2). Pour cette raison, il ne se contente pas de critiquer cette théologie de manière abstraite. Il l’examine plutôt à partir du contexte africain, en exposant soigneusement à la fois l’attrait et les dangers.
Une Correction Douce Mais Ferme
En tant que personne ayant moi-même quitté le mouvement de l’évangile de la prospérité, j’ai trouvé le ton d’Adeleye particulièrement rafraîchissant. L’une des plus grandes forces du livre est sa capacité à corriger avec clarté et compassion. Il écrit en tant que berger — non pas avec dureté ou condamnation, mais avec grâce et fermeté. Ses paroles sont empreintes de soin, offrant à la fois correction et douceur.
Adeleye conduit les lecteurs à travers les Écritures, montrant comment la Bible définit la bénédiction, le succès et la vie chrétienne — des définitions qui contrastent fortement avec celles des prédicateurs de la prospérité. Il ne nie pas que Dieu bénit son peuple. Mais il souligne rapidement que les bénédictions de Dieu ne sont ni transactionnelles ni garanties comme le prétendent ces prédicateurs.
L’une des plus grandes forces d’Adeleye est sa capacité à corriger avec compassion.
Il nous rappelle que : « nous devons comprendre le caractère de Dieu afin de comprendre la prospérité selon sa perspective » (p.11). Dieu est véritablement bon et généreux, mais la prospérité qu’il désire pour nous n’est rien d’autre que notre relation avec lui. Et c’est dans le cadre de cette alliance que nous recevons l’assurance de sa provision pour nos besoins.
Il s’agit d’une correction importante dans un monde où la prospérité est souvent réduite à l’abondance matérielle. Comme le note justement Adeleye : « tandis que la provision et la suffisance de Dieu sont claires dans la Bible, notre compréhension et notre confiance en Dieu sont souvent affaiblies par la pression de considérer la prospérité uniquement en termes matériels » (p.13). Lorsque nous définissons la prospérité selon des critères humains plutôt que selon les promesses de Dieu, nous nous exposons à l’anxiété, à la désillusion et au risque d’être trompés par ceux qui déforment les Écritures pour offrir des chemins rapides et faciles vers les soi-disant « bonnes choses de la vie » (p.13).
Dénoncer le Mauvais Usage des Écritures
Adeleye remet également en question l’usage sélectif et superficiel des Écritures qui caractérise une grande partie de la prédication de la prospérité. Il critique le « picorage » de versets comme Luc 6:38, souvent cités sans leur contexte biblique plus large, déformant ainsi les promesses de Dieu.
Le message de la prospérité ne parvient finalement pas à saisir l’Évangile du Christ.
« Ceux qui enseignent que Dieu promet la santé, la richesse et l’absence de souffrance », écrit-il, « ne prêtent pas suffisamment attention à la réalité d’un monde marqué par le péché et aux expériences de croyants fidèles qui ne “prospèrent” pas » (p.27). Les Écritures montrent clairement que les épreuves, la souffrance et les périodes de manque font partie de la vie chrétienne, comme l’ont vécu le Christ et ses apôtres. Par conséquent, l’évangile de la prospérité est, selon Adeleye, « nuisible et injuste envers ceux qui, sans faute de leur part, font face à la souffrance et à la pauvreté » (p.27).
Les Dangers du Matérialisme
Adeleye souligne également que le désir de richesse a toujours constitué un piège pour le peuple de Dieu, depuis la cupidité de Guéhazi (2 Rois 5) jusqu’à la tromperie d’Ananias et Saphira (Actes 5). « De telles tentations sont courantes », écrit-il, « et la Bible nous avertit explicitement des dangers de fonder notre vie sur des biens matériels qui ne dureront pas » (p.35).
Heureusement, Jésus lui-même donne l’exemple ultime en résistant aux offres de pouvoir et de richesse de Satan. « Par son exemple, sa parole et son Saint-Esprit, nous pouvons nous aussi résister à ces tentations » (p.39).
Adeleye propose une vision positive de la manière dont les chrétiens devraient percevoir la richesse.
Adeleye ne se contente pas de critiquer ; il propose aussi une vision positive de la manière dont les chrétiens devraient considérer les biens matériels et la richesse. Il invite les croyants à cultiver ce qu’il appelle les « Be-attitudes » — à ne pas confondre avec les Béatitudes de Jésus. Il s’agit d’attitudes façonnées par l’étude de la Parole de Dieu, la prière dépendante et l’obéissance fidèle (p.51). Ces attitudes, marquées par la gratitude, la satisfaction et la générosité, façonnent la manière dont les croyants abordent l’argent et les biens matériels.
Il présente également une vision biblique du travail. Adeleye montre que le travail, loin d’être une malédiction, est une responsabilité donnée par Dieu, permettant de servir les autres, de contribuer à la société et de refléter son image. À l’inverse, les prédicateurs de la prospérité présentent souvent le travail comme inutile si l’on a « assez de foi ». Adeleye réaffirme la dignité du travail et met en garde contre les raccourcis spirituels promettant des récompenses sans responsabilité.
Un Livre qui Expose et Encourage
Avant de conclure, je dois dire que la lecture de ce livre m’a non seulement aidé à mieux comprendre les erreurs de l’évangile de la prospérité, mais elle a aussi mis en lumière mon propre cœur. Adeleye ne se contente pas de critiquer de faux enseignements; il éclaire aussi les attitudes et désirs présents en chacun de nous. Ses paroles m’ont poussé à examiner ma propre lutte contre la convoitise, l’avidité et l’inquiétude.
Ce livre m’a poussé à examiner mes propres luttes face à la convoitise et à l’avidité.
Et il est important de noter que ces problèmes ne concernent pas uniquement ceux qui suivent les prédicateurs de la prospérité ; ce sont des tentations universelles que chaque chrétien doit combattre. J’ai la conviction que tout croyant, quel que soit son parcours, bénéficiera de ce livre. Il touche au cœur de nos idoles, en particulier celles liées à l’argent.
Ce qui rend ce livre encore plus impactant, c’est son accessibilité. Adeleye utilise un langage simple et quotidien et évite le jargon théologique, rendant son message compréhensible même pour des lecteurs peu familiers avec le discernement biblique. Sa richesse théologique édifiera tout croyant désireux de comprendre et de vivre le véritable évangile.
Un livre Essentiel Pour Notre Continent
Ainsi, Does God Promise Me Health, Wealth and Happiness? (Dieu me promet-il la santé, la richesse et le bonheur ?) devient un outil à la fois concis et puissant pour les responsables d’églises comme pour les chrétiens ordinaires, en réalité, pour toute personne désireuse de défendre la saine doctrine et de conduire fidèlement les autres. Si vous vous êtes déjà interrogé sur la bonté de Dieu au milieu de la souffrance, ou si vous luttez avec vos propres désirs de richesse et de confort, ce livre vous parlera. Il nous invite à embrasser une foi qui persévère.
