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Passer sous une échelle, voir un chat noir ou entendre un hibou, casser un miroir, le (mal)chanceux chiffre 13, les horoscopes et les objets magiques comme l’eau recueillie dans une cascade ou le fait d’attacher une ficelle autour de sa taille sont des superstitions culturelles courantes. Elles sont considérées comme porteuses de chance ou de malchance. Mais qu’est-ce que les superstitions ont à voir avec le christianisme ? Les avons-nous sûrement rejetées, comme d’autres croyances païennes ? Même si nous ne croyons pas aux superstitions mentionnées ci-dessus, il existe certaines « superstitions chrétiennes » courantes qui abondent dans l’Église. Examinons-en quelques-unes.

Répondre à un « Appel à l’Autel » Fait de Vous un Chrétien

Combien de fois avez-vous entendu un prédicateur attiser les émotions de l’assemblée, pour aboutir à un « appel à l’autel » ? Ceux qui répondent à l’appel se présentent devant et sont encouragés à « inviter Jésus dans leur cœur ». Une fois qu’ils l’ont fait, on leur assure qu’ils sont désormais chrétiens.

Les appels à l’autel ne sont pas une garantie de salut.

N’est-ce pas simplement une forme d’évangélisation efficace que les chrétiens pratiquent depuis les temps anciens ? En réalité, c’est une pratique assez recente, inventée au XIXe siècle par Charles Finney, le prédicateur controversé du réveil spirituel. Les apôtres ont certes prêché l’Évangile. Et des milliers de personnes ont répondu par la foi. Pourtant, nous ne lisons nulle part dans les écritures d’un quelconque « appel à l’autel ». Ce dernier ne garentit pas le salut.

Comment pouvons-nous alors être assurés de notre salut en Christ ? Dieu nous appelle souverainement à lui. Il régénère nos cœurs par son Esprit. Il pardonne nos péchés par Christ et nous revêt de sa justice. Ce sont ces actions de Dieu qui nous sauvent ; et non le fait de répéter une prière lors d’un appel à l’autel, ou toute autre œuvres de notre part. Nous recevons notre salut purement comme un don de la grâce de Dieu, par le moyen de la foi seule en Christ seul (Éphésiens 2.8-9).

« Je te Lie, Satan ! »

Combien de réunions de prière avez-vous déjà participées où un intercesseur zélé commence par dire : « Je te lie, Satan, ainsi que chaque démon présent dans cette pièce » ? Je suis sûr que ces personnes ont des bonnes intentions. Mais rien dans les Écritures ne nous autorise à faire de telles choses. Parler aux démons est appelé divination dans les Écritures. La Bible l’interdit expressément (Lévitique 19.26). C’est étrange. Nous critiquons les Catholiques parce qu’ils prient Marie et les saints. Et nous corrigeons ceux qui prient leurs ancêtres décédés et cela a juste titre. Pourtant, nous ne sourcillons pas lorsque des membres de nos églises prient Satan!

Nous ne sourcillons pas lorsque des membres de nos églises prient Satan.

Cette superstition courante chez les chrétiens repose sur une interprétation erronée de Matthieu 16.19, dans lequel Jésus parle de lier et de délier. Nulle part dans ce texte, Satan ou les démons ne sont mentionnés. Le texte parle plutôt de discipline ecclésiastique. Ceux qui, dans l’Église, persistent dans le péché doivent être liés (retirés de la communion) ; ceux qui se repentent doivent être déliés (rétablis dans la communion).

Jésus nous montre comment nous devons prier : à notre Père qui est aux cieux. À lui seul. Nous n’avons pas besoin de lier Satan ou ses démons. Il n’est pas nécessaire de les chasser de nos réunions. Nous n’avons même pas besoin de les craindre. La bonne nouvelle, c’est que Jésus a déjà porté un coup fatal à nos ennemis à la croix. Nous sommes dans l’équipe gagnante ! « Petits enfants, vous êtes de Dieu et vous les avez vaincus (les puissances des ténèbres), car celui qui est en vous est plus grand que celui qui est dans le monde. » (1 Jean 4.4)

« Dehors, Esprit Menteur ! »

Quelqu’un a-t-il déjà « discerné » un esprit de peur ou de pauvreté sur vous et a-t-il ensuite entrepris de le chasser ? Oui, je l’ai déjà fait. Mais est-il vraiment possible que des chrétiens puissent avoir des démons en eux ? Les Écritures montrent clairement que les démons existent et qu’ils peuvent posséder les gens. Nous lisons que Jésus et les apôtres ont chassé des démons (Matthieu 8.28-34). Mais ces personnes étaient-elles croyantes lorsqu’elles étaient possédées par des démons ? Dans chaque situation, nous constatons que ce n’est pas le cas (Marc 5.1-13). Certains ont cru en Jésus après qu’il les ait délivrés de l’emprise des démons (Marc 5:19-20). Mais aucun n’était un croyant possédé.

Si nous confessons Jésus comme Seigneur, nous sommes devenus une nouvelle création. Son Esprit habite en nous. Nous appartenons désormais à Dieu et, en tant que ses enfants adoptifs, nous l’appelons « Abba Père » (Romains 8.15-16). Comment quelque chose qui appartient à Dieu peut-elle être habitée par des démons ? C’est non seulement impossible, mais contraire à la Bible.

Certains se servent des démons comme excuse pour justifier leurs habitudes de péché.

Certaines personnes se servent des démons comme excuse pour justifier leurs habitudes pécheresses, prétextant qu’ils sont incapable de se se libérer des cycles du péché à cause de forteresses démoniaques. Cessez d’être superstitieux à propos de votre péché. Nous continuons à pécher parce qu’il reste en nous une nature pécheresse. Mais par la grâce de Dieu, il a pardonné nos péchés en Christ et nous renouvelle jour après jour par son Saint-Esprit. Ce dont nous avons besoin, ce n’est pas d’être délivrés des démons. Nous avons plutôt besoin de nous rappeler chaque jour le glorieux Évangile du Christ.

Malédictions Générationnelles, Parmi d’Autres

On vous a peut-être dit que si votre arrière-grand-père était marabout ou franc-maçon, une malédiction devait être levée sur votre vie. Ou que, parce que votre père a commis l’adultère, vous avez besoin qu’on chasse de vous l’esprit de convoitise. Ce genre de croyance est répandu chez de nombreux chrétiens.

Ceux qui défendent l’existence du péché générationnel citent Exode 20.5-6. Il y est dit que Dieu ne laissera pas impuni le coupable, mais qu’il punit « l’iniquité des pères sur les enfants jusqu’à la troisième et la quatrième génération de ceux qui me haïssent. » Mais cela ne décrit pas le péché générationnel. En effet, Dieu ne maudit pas ici un enfant innocent pour le péché de ses ancêtres. Il décrit plutôt les effets des péchés qui se perpétuent de génération en génération. Dieu punit l’iniquité des enfants qui le haïssent. Les enfants sont aussi coupables de leurs propres péchés que l’étaient leurs pères, et Dieu les punit justement pour cela.

Dieu merci, en Christ, nous avons été libérés !

Les Écritures affirment à maintes reprises que Dieu est juste et qu’il ne punit que ceux qui sont coupables de leurs propres péchés. Deutéronome 24.16 dit : « On ne fera point mourir les pères pour les enfants, et l’on ne fera point mourir les enfants pour les pères; on fera mourir chacun pour son péché. » Autrement dit, nous ne sommes pas responsables des péchés de nos ancêtres. De plus, nous n’avons pas à vivre dans la peur, à nous demander si nous pourrions être maudits à cause de nos parents ou des leurs parents. Jésus est déjà devenu une malédiction pour nous sur la croix (Galates 3.13). Rendons grâce à Dieu car, en Christ, nous avons été libérés !

Plus Vous Donnez, Plus Dieu Vous Bénira

Vous avez sûrement déjà entendu ce message prêché depuis la chaire sous une forme ou une autre : « Débloquez la bénédiction de Dieu sur votre vie en donnant plus d’argent à l’Église. » La bénédiction de Dieu semble dépendre de mes actions ; plus je donne, plus Dieu me bénira. Inversement, si je ne donne pas assez, il me maudira. C’est ce qu’on appelle l’évangile de la prospérité. Ce n’est en réalité pas du tout un évangile, mais du pur légalisme. Il est souvent justifié par une utilisation abusive de textes de l’Ancien Testament (tels que Malachie 3.8-9), qui s’appliquaient à la nation d’Israël, mais qui se sont maintenant accomplis en Christ.

La bénédiction de Dieu ne dépend pas de notre niveau de don, mais plutôt de son don gratuit de grâce.

Si les chrétiens doivent donner généreusement de leurs finances à l’Église dans le cadre de leur adoration à Dieu, nos offrandes ne dépendent pas de si Dieu va ou pas nous benir. Au contraire, nous donnons avec joie, simplement en réponse à la grâce de Dieu dans nos vies (2 Corinthiens 9.7-8). La bonne nouvelle est que la bénédiction de Dieu sur nos vies ne dépend pas de notre générosité, mais plutôt de la grâce qu’il nous a donnée gratuitement par Jésus-Christ.

Gardez l’Évangile au Centre

La tendance du chrétien à se laisser aller aux superstitions survient lorsque nous perdons de vue l’Évangile. Nous cultivons des tendances superstitieuses lorsque notre foi se résume à exécuter la bonne formule magique pour gagner la faveur de Dieu. Ce dont nous avons besoin, c’est plutôt de faire confiance au Christ et à son Évangile.

Nous entretenons des superstitions lorsque notre foi consiste à gagner la faveur de Dieu.

Ayez confiance en celui qui a parfaitement obéi à la loi de Dieu pour vous. Ayez confiance en celui qui a entièrement payé votre dette de péché par sa mort sur la croix et sa résurrection d’entre les morts. En Christ seul, Dieu a fait tout ce qui était nécessaire pour que vous soyez réconcilié avec lui dans la paix et que vous jouissiez de sa faveur pour l’éternité.

Reposez-vous en Christ, dans son œuvre glorieuse et achevée, et en celui qui réconforte les pécheurs fatigués par ces paroles : « Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés, et je vous donnerai du repos. Prenez mon joug sur vous et recevez mes instructions, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez du repos pour vos âmes. Car mon joug est doux et mon fardeau léger. » (Matthieu 11.28-30).

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